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Colloque de Pékin 19-22 octobre 2004
« Documents d’archives des missionnaires en Chine sous les Qing et compilation de l’Histoire dynastique des Qing »

Conférence parrainée conjointement par la section de communication internationale pour la compilation de l’histoire Qing et par l’Université des Langues étrangères de Pékin.

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La conférence a pris place dans le grand hôtel Jinyuan shanglü (Source d’or commerce et voyages) situé à Xiangshan au pied des « Collines parfumées » site accessible par une bretelle du 5ème périphérique à une trentaine de kilomètres du centre de Pékin.
Sur 25 participants, six venaient spécialement d’Europe :Mme Marianne Bastid,du CNRS, Mme Nathalie Monet, de la Bibliothèque nationale, les Pères Lautissier et Lamblin,CM, Jean Charbonnier, MEP, le professeur Michele Fatika de Naples et le professeur Vladimir Myasnikov de l’Académie des Sciences Russe. M. Jean-Paul Wiest, enseignant à Pékin, s’est joint à l’équipe. M. Anthony Lam, du Centre d’études du Saint Esprit à Hongkong, était également invité. Chez les participants chinois on pouvait distinguer quelques historiens de base, les organisateurs du colloque et leurs assistantes interprètes et secrétaires, capables de parler français, anglais, italien, russe et portugais. L’animateur principal du colloque était le professeur Zhang Xiping, directeur du Centre de sinologie étrangère à l’Université des Langues étrangères (Waiguoyu daxue).
L’historien Dai Yin a ouvert la session en brossant un tableau impressionnant du projet Histoire des Qing : les travaux s’étaleront sur une période de huit ans. Les matières à étudier sont réparties en 92 volumes. Le professeur Zhang Xiping a souligné pour sa part qu’il attendait beaucoup de notre coopération en ce qui concerne l’histoire missionnaire. Quelques projets plus précis se sont dessinés au cours de cette rencontre : venue prochaine à Paris pour des périodes diverses de trois ou quatre chercheurs engagés dans le projet Histoire des Qing ; projet d’une rencontre plus officielle avec les Européens désireux d’apporter leur soutien. Il serait souhaitable dans cette perspective que le prochain colloque oecuménique des Européens concernés par la Chine consacre une journée à un échange avec l’équipe de Pékin. Ce colloque doit avoir lieu à Rome en 2005. Une telle rencontre sera profitable si une documentation de base peut être réunie d’ici là. Dans l’immédiat, les responsables de Pékin doivent préciser quels seront les champs d’une base de données qu’ils nous communiqueront en Europe avec le logiciel qu’ils comptent utiliser. Nous pourrons ainsi recueillir l’information de base sur les instituts missionnaire qui ont travaillé en Chine : leurs fondateurs, leur but particulier, leur organisation, leurs effectifs, la période de leur activité en Chine, la région qui leur était confiée, etc. Une bibliographie des travaux européens peut aussi être mise au point, en commençant par les œuvres de synthèse comme le Handbook of Christianity in China édité par Le P. Nicolas Standaerdt, les ouvrages de missionnaires concernant diverses régions de Chine et les nombreuses biographies déjà publiées dans les divers pays d’Europe. Au cours des années suivantes, les historiens chinois devront sans doute opérer une sélection de personnages et de sujets plus significatifs. Ils pourront alors s’atteler à la consultation d’archives. D’ici là, il leur faut entraîner quelques chercheurs à la lecture du français, du latin et autres langues européennes et aussi à une connaissance de la théologie chrétienne qui seule peut permettre de comprendre les orientations des missionnaires, leur formation de base, leurs méthodes, leurs divergences. Ils devraient entre autres être amenés à mieux saisir la politique du Saint Siège qui a toujours tenté de se dégager des pressions politiques, d’abord du Portugal, et de l’Espagne puis de la France. Loin de servir les intérêts de ces puissances européennes, Rome s’est au contraire efforcé d’assurer la maîtrise de sa mission religieuse en respectant l’autorité des pays destinataires. Quant à l’interdiction faite aux convertis chinois d’observer le culte des ancêtres, il faudrait cesser de se lamenter sur une soi disant erreur tactique pour mieux en dégager les motivations religieuses.