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Jubilés en cascade dans le diocèse de Shantou

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Le P René Sylvestre, qui atteignait ses 85 ans le 25 mars, s’est rendu dans son ancien diocèse chinois de Shantou (Swatow), province de Canton, pour célébrer les 60 années de sacerdoce du P. Lucas Tang, docteur en théologie, et les siennes propres: ordinations, premières messes et anniversaires ont donné lieu à une cascade étonnante de festivités du 16 au 23 mars.
M. Bernard Carcouët qui accompagnait le P. Sylvestre nous a laissé quelques notes sur ces journées fantastiques.
A leur arrivée à Shantou, les deux pigeons voyageurs arrivés de France sont logés dans la vaste maison d’un catholique fortuné. Tard le soir le Père Sylvestre concélèbre une messe à domicile avec le jeune P. Ke, vicaire à la paroisse. Le lendemain 17, longue tournée en voiture dans les divers sites où René Sylvestre avait exercé son ministère de jeune missionnaire : visite à Raoping chez le vieux Père Li atteint de la maladie de Parkinson ; puis un temps de recueillement au cimetière de Chaozhou sur la tombe du P. Clément Favre, M.E.P., le dernier missionnaire français à être resté en Chine où il mourut en 1953. De retour à Shantou, le P. Sylvestre raconte longuement ses souvenirs de jeunesse, tandis que le P. Ke prend soigneusement des notes pour intégrer ces souvenirs à son histoire du diocèse. Le soir après la messe, une chasuble est offerte au P. Sylvestre.
Le soir du 18, après une journée riche en évocations du temps passé et une rencontre avec le P. Lucas Tang toujours capable de parler un excellent français, les visiteurs français sont invités à loger à l’évêché sous la protection du P. Joseph Huang, curé de la cathédrale. On les invite d’ailleurs à se montrer discrets à l’extérieur. Sans doute une requête ‘d’en haut’.
Le vendredi 19 mars, fête de Saint Joseph, le P. Sylvestre est installé dans une salle où il peut recevoir discrètement le flot des gens qui souhaitent le rencontrer. Puis c’est la grand messe du jubilé du P. Lucas Tang dans la vaste cathédrale encore toute neuve. Suit un banquet somptueux au restaurant du Golden Gulf Hotel où vingt tables de 12 couverts ont été dressées.
Le soir une messe des enfants surprend par son dynamisme joyeux et la facilité de dialogue avec le prêtre. A la fin de la messe, il y a distribution de bonbons et bénédiction des plus petits.
Samedi 20 mars se passe en bonne partie dans la ville de Jieyang, la cité des banyans, où un catholique, M. Lam, gère une grande usine de VCD. Le P. Sylvestre est d’ailleurs invité à bénir l’usine. Bénédiction déjà assurée d’efficacité puisque l’usine produit 20.000 CD par jour. Le soir, messe solennelle pour l’anniversaire de l’ordination du P. Sylvestre le 20 mars 1943.
Dimanche 21 mars, à la fin de la messe de 9heures15, un médecin et deux infirmières donnent des consultations gratuites dans une salle au rez-de-chaussée de la cathédrale. M.Carcouët fait la connaissance d’un promoteur immobilier installé à Pékin : « C’est un chrétien fervent. Il a donné un million de Yuans pour la construction de l’église de Shenzhen et soutient financièrement la construction d’églises dans toute la Chine. Il nous accompagnera avec le papa du P Huang. Pour la visite du terrain destiné à la construction de la nouvelle église à 6 kilomètres de l’aéroport. » Le repas de midi agrémenté de langouste est offert par un certain docteur Lam dans un restaurant de Chenghai. Le P. Huang emmène ensuite ses hôtes de France sur un site voisin où il est sur le point de recevoir du docteur Lam un terrain 40.000mètres carrés sur lequel sont édifiés deux immenses bâtiments ayant abrité des machines.
Le lundi 21 est occupé en nouvelles retrouvailles et en adieux. « Nous prenons congé des chrétiens qui nous ont accompagnés. Nous repartons ensuite avec le Père curé pour rendre une dernière visite au P. Lucas Tang. Quand nous disons « Au revoir, à bientôt ! », il nous répond « Oui, au ciel ! ».
C’était déjà sans doute un petit coin de ciel ces quelques journées de témoignages de fidélité et d’amitié autour de vétérans de l’Eglise locale éloignés de 10.000 kilomètres l’un de l’autre depuis 50 ans. Le 24 au matin, le P. Sylvestre a retrouvé à Paris la communauté M.E.P. de la rue du Bac. Dans une forme superbe après 13 heures de vol, le père était heureux de déballer une dizaine d’enveloppes pleines de photos soigneusement classées par catégories : jeunes prêtres, vieux amis, sites connus autrefois, tombes des anciens, etc. Nul doute que la communauté de Swatow s’est aussi trouvée regaillardie par la présence de cet ancien toujours aussi dynamique.