Vous êtes ici : » Publications » Livres de sinologie
Constantin Slizewicz, Les Peuples oubliés du Tibet, Perrin Asie 2007, 306p
Date : 19/04/2007
Auteur : Jean Charbonnier
L’auteur âgé de 29 ans, photographe et reporter, vit dans les marches tibétaines du nord Yunnan depuis 7 ans. Dès 1999, il est surpris de découvrir des communautés catholiques dans les hautes vallées du Mékong et de la Salouën. Il s’informe alors à Paris après de P. Simonnet des Missions étrangères, lui-même passionné du Tibet qu’il a visité en 1946. Ainsi muni d’informations historiques plus précises, il suit les traces de ces missionnaires étonnants, intégrés aux diverses ethnies de la région et leur consacrant totalement leur existence, sans espoir de retour. Son itinéraire de photographe et de journaliste est haut en couleur, d’un style alerte et plein d’humour. Il tient des chrétiens du pays des traditions orales pittoresques qui demanderaient parfois d’être confrontées à des récits d’autres conteurs. Ce qu’il rapporte de la mort tragique du P. Dubernard d’après un certain Alibert conviendrait plutôt à la mort du P. Bourdonnec si l’on en croit le témoignage de ‘François’ enregistré par M. Falk Van Gaver, un cousin de l’auteur. Mais vu le nombre de visiteurs et d’enquêteurs passionnés par cette région du Shangrila, des recoupements aideront sans doute à mettre au point une histoire plus scientifique de cette région. Mais la restitution des traditions locales prises sur le vif a le mérite de nous faire partager le souffle épique de ces hauts contreforts de l’Himalaya. Le chapitre 15 intitulé « Bonga ou la terre promise ? » comporte une étude particulièrement fine des méthodes missionnaires qui permirent l’évangélisation de quelques milliers de tibétains. Pour les plus pauvres, ce fut une libération de l’esclavage, un accès au travail, aux soins médicaux et à une source de bénédictions capable de maîtriser les forces maléfiques, un sens inné de la prière cimentant leur nouvelle foi.
Au chapitre 17, « La porte du Tibet », l’auteur éveille quelques échos de ce que fut le centre de la Mission du Tibet à Kangding (Tatsienlou) au temps de Mgr Gireaudau puis de Mgr Valentin. La cathédrale récemment bâtie l’impressionne moins. Faisant un brève visite à la léproserie de Moxi, il évoque les souvenirs notés par les P. Paul Richard et F. Pecoraro dans leurs écrits récents, y compris une vision de l’abominable homme des neiges sur les pentes du Gongkashan.
Constantin Slizewicz conclut son ouvrage au bord du Lac Lugu, « en ce 1er octobre 2006, Fête de Ste Thérèse patronne des missionnaires, et 57ème anniversaire de la République populaire de Chine »




