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Le Christianisme en Chine ne peut survivre qu’en se conformant rigoureusement aux requêtes politiques. Cette exigence risque d’étouffer la tradition chrétienne de prophétisme.
Date : 11/05/2005
Le Christianisme en Chine ne peut survivre qu’en se conformant rigoureusement aux requêtes politiques. Cette exigence risque d’étouffer la tradition chrétienne de prophétisme.
Si les Chrétiens, en effet, enseignent le devoir d’être bon citoyen, ils n’en considèrent pas moins que la Loi de Dieu est suprême. Ils ne peuvent tolérer l’injustice et le mensonge. Dans le monde d’aujourd’hui, les Chrétiens des divers pays prennent fortement position pour le respect des droits de l’homme et ils protestant contre toute forme d’exploitation. En Chine, il leur faut trouver la manière discrète d’œuvrer pour la vérité et la justice en collaborant avec les officiels les plus honnêtes et en évitant toute confrontation avec le régime populaire. Les Catholiques de Chine, comme les Protestants, ont su réagir aux pressions politiques quand elles mettaient en cause leur sens de la vérité et de la justice. Dans les premières années 1950, lorsqu’ils durent participer à des cercles d’étude où ils devaient dénoncer les propriétaires terriers, les étrangers et autres gens classés «exploiteurs», ils refusèrent souvent de dire des mensonges et de provoquer la mort d’innocents. Ils ne faisaient pas en ceci de l’opposition politique. Ils voulaient seulement respecter les commandements de Dieu. Invités à agir contre leur conscience par les cadres du mouvement «patriotique», ils n’eurent d’autre recours que de pratiquer leur foi clandestinement. C’est ainsi que se développa une Église souterraine. Qualifiés d’«illégaux» et condamnés comme mauvais citoyens, beaucoup firent le sacrifice de leur vie et moururent martyrs. Les Protestants évangélistes proclamaient leur foi en un Dieu transcendent et refusèrent de s’incliner devant les «puissances de ce monde». Les Catholiques levaient l’étendard de leur fidélité au pape, gardien de la vraie foi et de l’unité de l’Église. Avec la politique religieuse plus libérale inaugurée en 1978, les Chrétiens libérés de prison ou des camps de travail crurent qu’ils pouvaient enfin vivre leur foi ouvertement. Leurs espoirs furent vite déçus. Les Associations patriotiques étant réorganisées, souvent sous la direction des mêmes vieux cadres honnis de tous à cause de leurs sévices passés, de nombreux Chrétiens retournèrent à la clandestinité. Les Évangélistes, courageux et dynamiques, multiplièrent les assemblées domestiques où circulaient des prêcheurs itinérants. Les Catholiques se réunirent la nuit dans des maisons discrètes pour célébrer l’Eucharistie. Ils formèrent de jeunes prêtres et religieuses dans les campagnes reculées. Un certain soutien moral et financier leur fut apporté par les Catholiques chinois d’outre-mer, y compris de nombreux prêtres et religieuses de Taiwan à partir des dernières années 80.
