Vous êtes ici : » Eglise en chine » Histoire
De multiples échanges se développèrent en même temps entre les visiteurs étrangers et le clergé chinois. Naturellement, les étrangers ne pouvaient guère entrer en relation avec les clandestins. C’eût été leur attirer de gros ennuis.
Date : 11/05/2005
De multiples échanges se développèrent en même temps entre les visiteurs étrangers et le clergé chinois. Naturellement, les étrangers ne pouvaient guère entrer en relation avec les clandestins. C’eût été leur attirer de gros ennuis.
Leurs visites amicales offraient donc fatalement un soutien à l’Église officielle contrôlée par l’Association patriotique. Ceci fut tristement ressenti par les clandestins qui avaient tant souffert par fidélité absolue à l’Église. Ayant le sentiment d’être les parents pauvres de l’Église, ils devinrent plus agressifs en condamnant les fidèles qui fréquentaient les églises officiellement ouvertes et encore plus les jeunes prêtres formés dans les séminaires «patriotiques». En certaines régions de Chine, un fossé infranchissable sembla se creuser entre les Chrétiens. Ce rejet mutuel était ruineux et mettait en cause le message même de l’Évangile. Les visiteurs étrangers se font souvent les apôtres de la réconciliation, mais ce mot est malheureusement piégé. Les Chrétiens clandestins voient dans l’Association patriotique une entreprise diabolique. Parler de «réconciliation», pensent-ils, c’est favoriser la politique communiste d’unification de tous les croyants sous le contrôle de l’Association patriotique et donc du Parti. Soucieux de bien assurer leur tâche pastorale, des évêques officiels ont pu de leur côté agiter le spectre d’une Eglise clandestine en progrès continu à la suite d’une gestion désastreuse des affaires religieuses par l’Association patriotique. Grâce peut-être à ce genre de mise en garde, plus de libertés ont été accordées à l’Église en vue de rallier davantage de prêtres et d’évêques. En septembre 1992, l’Assemblée nationale des représentants catholiques a redéfini le rôle de l’Association comme un rôle «d’assistance» à la Conférence épiscopale dans le gouvernement de l’Église. En pratique, l’expression «assistance» paraît bien faible, car de nombreux dirigeants patriotiques chevronnés bousculent encore évêques et prêtres, décidant en patrons des affaires d’Église. Pourtant, le principe a été admis que l’Association patriotique ne devrait pas s’ingérer indûment dans les questions pastorales et que les évêques devraient assumer davantage leur autorité. La 6e Assemblée nationale des représentants catholiques, prévue pour décembre 1997, montrera si les évêques sont enfin reconnus comme les vrais dirigeants de l’Église.
