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Réflexion: les jeunes chinois aux JMJ de Cologne

Le partage d’une même foi dans une même concélébration de l’eucharistie entre « clandestins » et « officiels »

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D’après un message de l’agence UCAN, 8000 jeunes de 21 pays d’Asie ont célébré la vingtième Journée Mondiale de la Jeunesse avec le pape Benoît XVI en Allemagne du 16 au 21 août. C’est à peine 1% du million de jeunes présents. Mais cette participation asiatique a pris un relief particulier grâce à des gestes significatifs. Les Chinois pour leur part étaient un millier : 200 catholiques de Chine populaire, aussi bien « officiels » que « clandestins », plus de 200 autres de Hongkong, 30 de Macao et environ 550 de Taïwan.
D’après le journal catholique de Hongkong, la jeune Tu Si Hua, âgée de 21 ans, a eu la chance rare de parler directement au pape Benoît XVI et de passer un moment à son côté : « J’étais du groupe des 21 jeunes choisis de différents pays pour entourer le Pape sur le bateau alors que nous naviguions sur le Rhin vers la cathédrale de Cologne. Chacun de nous a pu lui parler personnellement. Nous étions loin de nous y attendre. Ce fut une grande surprise ! Comme beaucoup d’autres, j’ai parlé au pape en anglais. Quand mon tour est venu, je me suis agenouillée près de lui et lui ai dit « Your Holiness », et le pape m’a dit « êtes-vous de Chine ? » et j’ai répondu « Oui, très Saint Père, je viens de Hongkong ». Il m’a bénie et a béni toute la Chine. J’étais tellement émue que je ne sentis même pas la main du pape sur ma tête, mais heureusement je me suis bien rappelée de lui baiser son anneau». Le Saint Père, a-t-elle ajouté, a montré qu’il se soucie de l’Eglise en Chine et par-dessus tout, il nous a bénis.
Parmi les jeunes de Taïwan, Rosa Lee Yuju, âgée de 21 ans, était de la douzaine de jeunes invités à prendre leur repas avec le pape le 19 août. Sans doute en qualité de volontaire de service aux JMJ, elle a eu la surprise d’être choisie comme représentant l’Asie à ce déjeuner. Elle a confié plus tard à un journaliste de l’agence UCAN quelques détails de son entrevue avec le pape.
Quand le pape l’a saluée avant le repas, il lui a demandé d’où elle était. Elle lui a dit « Taïwan » et le pape Benoît lui a répondu. : « Je prie pour la Chine et pour Taïwan ». Il l’a alors priée de transmettre ses salutations au cardinal Paul Shan Kuo-hsi, l’évêque de Kaohsiung. Quand le pape l’a questionnée sur les principales religions de Taïwan, elle lui a fourni l’information en ajoutant que les Chrétiens ne comptent que 2% de la population et qu’elle a beaucoup appris des gens d’autres croyances. Comme elle lui demandait s’il envisageait davantage d’entretiens avec les autres religions, Il ne lui a pas répondu directement. Il lui a simplement indiqué qu’elle pouvait dialoguer sans difficulté avec des gens d’autres croyances si elle-même s’attachait à approfondir sa propre foi chrétienne et sa relation à Dieu.
Rosa Lee a offert au Pape un CD de cantiques chinois composés par elle-même et ses amis en lui expliquant qu’il pourrait ainsi goûter leur christianisme chinois : « Nous aimons Dieu, lui dit-elle, et nous aimons la musique. Nous produisons de la musique pour Dieu et pour l’Eglise locale. Nous voulons vous faire écouter comment nous louons le Seigneur. »
Le Pape, qui joue du piano et aime la musique, s’est montré très heureux du cadeau et lui a offert un cadeau à son tour. Comme les autres jeunes, elle s’est déclarée complètement envoûtée par la simplicité du pape et son intérêt pour eux.
Le 19 août, le Père Antoine Weber SVD, chargé de l’accueil des étudiants chinois de théologie en Allemagne, nous envoyait à Paris ce message de Cologne :
« Le pape nous tient tous en haleine et il semble que tous sont heureux de sa présence ici à Cologne. Sa visite à la synagogue aujourd’hui a fait une impression profonde sur tous ceux qui l’accompagnaient. Dans l’après-midi, il y avait un rassemblement de 4000 prêtres et séminaristes venus du monde entier à l’église Saint Pantaléon. Nos étudiants chinois y sont allés en vue de voir le pape de plus près. »
Des prêtres, séminaristes et religieuses de Chine étudiants de théologie en France se sont joint aux Catholiques chinois de Paris pour participer aux JMJ. L’un d’entre eux à son retour s’est déclaré ouvert à de nouveaux horizons dans la vie de l’Eglise. Le partage d’une même foi dans une même concélébration de l’eucharistie entre « clandestins » et « officiels » l’ont convaincu qu’il fallait faire passer ce message en Chine et œuvrer activement à l’unité de l’Eglise en Chine.