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Zhonglian avril 2007 N° 125

La rencontre des humanités.

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En 1949, Dom Pierre Célestin Lou Tseng-Tsiang, publiait un petit ouvrage sous le titre « La rencontre des humanités et La découverte de l’Evangile ». Cet ancien diplomate et ministre des affaires étrangères de Chine, devenu moine bénédictin dans ses vieux jours, a toute sa vie tenté de découvrir les valeurs vécues en Europe et leurs racines chrétiennes. Son approche confucéenne imprégnée des exigences de la piété filiale le conduisit à approfondir le sens du grand rituel de la liturgie catholique centré sur l’offrande eucharistique. Il y découvrit l’accomplissement de la piété filiale dans l’amour du Fils Jésus pour le Père céleste, amour fondateur d’une nouvelle famille humaine.

C’était il y a plus d’un demi siècle. Que se passe-t-il aujourd’hui pour les intellectuels chinois soucieux de découvrir quelles sont les valeurs humaines des Européens ? Il est vrai que peu se posent ce genre de question, soit parce qu’ils s’en tiennent aux préjugés communs en Chine sur le manque de valeurs morales en occident, soit parce que leur formation culturelle chinoise est elle-même très pauvre. Au XIXe siècle, les Chinois ne s’intéressaient à l’Europe que pour en tirer un savoir scientifique et technique, les valeurs morales étant l’apanage des seuls Chinois. Le théoricien Li Dazhao s’est rallié au marxisme après la Révolution d’octobre 1917, car il y voyait un grand mouvement humaniste capable d’abattre le féodalisme des tsars en même temps qu’un déterminisme historique capable d’assurer la victoire finale des opprimés. En fait, la dictature du Parti n’a fait que prendre la relève de l’absolutisme impérial.

Les étudiants chinois qui viennent en France aujourd’hui sont-ils d’abord en quête de liberté, ou plutôt d’une sorte d’émancipation qui leur est impossible en Chine? La France a chez eux la réputation d’être le pays du romantisme, de l’amour libre, de tout absence de contrainte sociale. De retour dans leur pays après quelques années d’études, ils auront peut-être le souvenir agréable d’avoir respiré une bouffée d’air. Mais ils n’auront rien appris de constructif leur permettant de développer une vie démocratique en Chine.

Quelques intellectuels chinois par contre, souvent professeurs de cultures comparées, s’efforcent de découvrir les valeurs plus profondes qui permettent aujourd’hui la sauvegarde d’une vie démocratique et culturelle en Europe en dépit d’un libéralisme effréné. Ils en explorent en particulier les racines chrétiennes. Ils y voient la source de valeurs fondamentales : la conscience individuelle responsable, le sens du devoir, la conscience professionnelle, le respect des personnes, le sens du bien commun, le dévouement au service des plus déshérités, les services sociaux. Ils sont moins sensibles au slogan trop politisé des « droits de l’homme » qui leur paraît la consécration de l’individualisme et des intérêts privés destructeurs de l’harmonie sociale. Sans compter que l’argument du non respect des droits de l’homme en Chine est l’arme favorite utilisée par les Américains pour discréditer leur pays. Ils pourraient sans doute réfléchir aux droits fondamentaux de la personne humaine, mais cette approche leur paraît abstraite et obscure. Quant à ceux qui viennent en France avec le désir de vérifier la réalité de ces valeurs, ils sont d’abord touchés par des témoignages concrets. De nombreux français appartiennent en fait à une majorité silencieuse qui sait encore se conduire chrétiennement sans se laisser influencer par les âneries multiples diffusées par les medias. Quel accueil réservons-nous à ces étudiants déroutés par la langue, loin de leur famille, inquiets de ce qu’ils découvrent. Peut-on leur faire sentir et comprendre les vraies valeurs humaines qui nous demeurent chères ?

J’ai eu l’occasion de présenter en Chine à quelque deux cents journalistes catholiques un montage présentant le contenu de la revue Pèlerin : des images tirées de cette revue avec de gros titres en idéogrammes chinois. Les sujets abordés portaient sur l’éducation des enfants, des rapports conjugaux équilibrés, des questions d’emploi et d’orientation professionnelle, des présentations d’œuvres d’art prestigieuses. Certains participants ont voulu de suite copier le montage. Ils avaient vu et compris, sans explications abstraites.

Pour lire le texte intérgral, veuillez vous abonner à Relais France-Chine, 128 rue du Bac, 75007 Paris. 4€/numéro.